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Gitanos gitanos

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Gitanos gitanos
Que le vent emporte que le vent emporte
Où allez-vous où allez-vous
Dans ce siècle qui rapine sur la peau des pauvres ?
 
Gitanos gitanos
Mon chien n’a plus de terre
Mon hibou n’a plus de nuit
 
Gitanos gitanos
Où vont vos vies ?

Au royaume barbare partout la mort cogne aux portes
La nuit n’a plus d’étoiles
Mon chien n’a plus de rêves
Où va le vent que le jour emporte ?
Où est votre place où est ma place ?


Gitanos gitanos
Mon hibou mange la nuit
Mon chien ronge sa chaîne
Les hommes vivent en laisse
Les hommes s’enchaînent entre Dieu et Diable
Ils ferment les portes
Mettent le rêve sous clef
Se gavent de fausses vertus
 
Gitanos gitanos
La liberté roule à contre sens
Le vent mange mes mots
Les préjugés menottent l’amour
Où allez-vous loin des prisons dorées ?
 
Gitanos gitanos
Le long de nos routes, la misère est une ortie blafarde
Partout où les hommes souffrent
la vie s’étire comme une flamme sur nos douleurs
Partout le flamenco ouvre la nuit
comme l’aube illumine l’espoir
Gitanos gitanos
Mon chien cherche la lumière
Et le vent nous emporte

Gitanos gitanos
Où est votre place
où est ma place ?

Gitanos gitanos
Où va le vent que le jour emporte ?

 

JMS - "Et leurs enfants pareils aux miens"

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"Mémoires d'outre-tombe"

Publié le par Cheval fou (Sananes)

D’une telle écriture au texto,  de son élaboration aux ânonnements phonétiques informatisés, le temps semble avoir rogné une part essentielle à la dimension de l’homme. L’avenir nous fait-il rétrécir ? L’ange a-t-il perdu sa plume, n’est-il devenu qu'une clameur d'ignorance et de haine, un chien qui oublie l’hygiène du réverbère et ne trouve plus son espace ?

Quand tout semble perdu la sagesse ne devrait-elle pas, au delà de glorieuses nostalgies, s’affirmer au corps à corps des mots dans un ultime combat pour la sauvegarde de la beauté absolue, celle des idées qui grandissent le rêve ?

JMS

"Mémoires d'outre-tombe"

Publié dans Coups de gueule

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Pas trop Net

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Tu cours après la vie, mais tu n’en as pas.
Dans le silence du siècle
dans l’effondrement des codes
tu cherches un projet de de beauté
une vision de l’avenir
mais où es-tu ?

Que fais-tu dans ce néant ?

À la foire aux misères
derrière son œil de verre
Big Brocante te regarde.
Au forum de l’insignifiance
tout est Net.

Au portemanteau du réel
tu accroches ta vie
tu entres dans l’écran
tu t'éclates à l’infini
en milliards d’échos.
Tu cherches l’œil qui te regarde
et le vide se répand comme la rumeur.

Les rêveurs et les quêteurs d’humanité
se perdent dans des torrents de médiocrité
les Dieux-volés lancent leurs djihads
leurs cris de haine
on vend du cul à la criée
la bourse cote l’indécence du voyeurisme.

Assis sur ta chaise face à l’écran glauque
tu meurs d’un futur estropié
tu meurs dans un monde d’utopies virtuelles.

JMS

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Rue Cortot

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Rue Cortot

Était-ce ici, était-ce ailleurs ?
un jour qui vient, une nuit qui part ?

Sur un kiosque à journaux
Brel émaillait le paysage
une femme sentinelle, frontière d’horizon,
essorait l’envers d’un regret.

Sous un ciel sans croissant
s’effaçaient les cantates de Thibhirine,
un rire piétinait les rêves d’Anne Franck.

Était-ce à Ostende ou bien ici ?
Dans cet entrelacs où périssent les Poulbot,
Léo habitait la rumeur et encore se demandait
"Si c'est utile
Et puis surtout si ça vaut l'coup
Si ça vaut l'coup d'vivre sa
vie."

Loin de La Tamise
la voix de Radio Londres se dissipait,
rue Cortot sur un flot des pavés
le siècle fermait ses utopies.

Était-ce hier ou maintenant
Étais-ce une nuit qui part, un jour qui vient ?
Quai des revers de vie et des regards perdus
dans un ailleurs où la mémoire s’assombrit
un train plombé de souvenirs déchirait la brume.

L’heure demandait :
Où vont ces voix, où va la vie ?
Nul ne savait
s’il était encore bon de rallumer le jour.

Était-ce ici, était-ce ailleurs ?
Était-ce un jour qui vient, une nuit qui part ?
Rue Cortot le siècle me faisait mal.

JMS sur une photo de Robert LOÏ

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